Les concepts de «vérité» et d’«objectivité» définitives sont ambigus et dangereux

Les technologies numériques ont indubitablement été à l’origine d’instruments de démocratie participative à la fois nouveaux et porteurs de transformation, grâce auxquels la démocratie participative s’est trouvée élargie et qui ont permis aux citoyens de passer du statut de simples utilisateurs d’informations à celui de producteurs d’informations.

Le risque de désinformation qui est implicite dans la propagation virale des contenus sur internet, dans les difficultés à contester et à corriger des contenus à temps, ainsi que dans la censure susceptible d’être exercée par les plateformes de médias sociaux et les géants de la haute technologie, représente le revers de la médaille.

Néanmoins, du point de vue du droit international, la question des «fausses informations» doit être envisagée avec une extrême prudence, en gardant à l’esprit que les anciens médias traditionnels ont été – et sont encore – également susceptibles de diffuser de fausses informations, et que l’interdiction des fausses informations ou des informations mensongères a souvent été utilisée pour contrôler les médias et restreindre la liberté éditoriale.

Nous sommes conscients que des informations trompeuses peuvent causer de graves préjudices, en portant atteinte à la réputation de quelqu’un, en violant son droit au respect de la vie privée, mais que des restrictions pour limiter les fausses informations ne sont pas la solution. Les concepts de «vérité» et d’«objectivité» définitives sont ambigus et dangereux. L’exigence de ne publier que des informations absolument véritables est non seulement irréaliste, mais aussi antilibérale.

Nous devrions en outre garder à l’esprit que l’ère du numérique a rendu la vérification des faits plus facile qu’elle ne l’a jamais été avec les médias traditionnels: il est possible d’enquêter sur une manipulation de documents numériques, si la volonté est là, et internet dispose d’instruments et d’infrastructures permettant de vérifier les sources et les faits. Si l’on autorisait des agents du service public à décider de ce qui constitue la vérité, cela reviendrait à accepter que le pouvoir en place ait le droit de faire taire les critiques.

Tout comme pour les «discours de haine» ou le «terrorisme», la notion de «fausses informations» est trop vague pour empêcher une interprétation arbitraire et subjective. Il ne serait pas non plus rassurant que des entités privées telles que Facebook soient chargées de faire ces appréciations en lieu et place des pouvoirs publics.

Les infox et la désinformation, fruit d’une manipulation délibérée des informations visant à tromper leurs destinataires, sont un phénomène de plus en plus visible. Les réseaux sociaux et leurs outils de personnalisation facilitent la tâche à ceux qui veulent diffuser des informations mensongères. Ils font souvent appel à l’émotion pour attirer l’attention et engranger des clics, pour des raisons économiques ou idéologiques. Même les utilisateurs jeunes et à l’aise avec les technologies numériques ont du mal à repérer les informations manipulées. Ainsi, six fois sur dix, les articles partagés sur les réseaux sociaux n’ont même pas été lus préalablement par ceux qui les ont postés. Près de 85% des Européens estiment que les infox sont un problème dans leur pays, et 83 % sont d’avis qu’elles constituent une menace pour la démocratie de manière générale. Cette boussole vous aidera à vous repérer dans la masse d’informations et à séparer le bon grain de l’ivraie.

 

Qu’est-ce que la désinformation ?

La désinformation est un contenu délibérément manipulé, diffusé pour tromper un public et atteindre des objectifs stratégiques, politiques ou économiques. Elle est souvent diffusée par des acteurs malveillants qui cherchent à saper la confiance dans les institutions démocratiques ou à influencer les élections. La désinformation est dangereuse pour la démocratie car elle fausse le débat public, polarise la société et entrave la capacité des gens à faire des choix éclairés sans ingérence ni manipulation. 

Que pouvez-vous faire pour contrer la propagation de la désinformation ? 

Voici dix conseils simples à suivre pour reconnaître et arrêter la propagation de la désinformation :

1. Restez vigilant : Méfiez-vous des titres conçus pour susciter l’engagement sans se soucier de l’exactitude des faits. Examinez le contenu des informations au-delà des titres conçus pour générer des clics et privilégiez la véracité du contenu au sensationnalisme.

2. Apprenez à décoder la désinformation : Un des meilleurs moyens de déterminer s’il s’agit de désinformation est de prêter attention au type de langage utilisé. Restez prudent face aux infomations à forte charge émotionnelle, car elles peuvent faire partie d’une campagne d’ingérence étrangère destinée à influencer l’opinion publique. Le langage trompeur et les affirmations vagues sont également fréquemment utilisés pour induire les lecteurs en erreur. Recherchez des informations claires, exemptes d’émotions et fondées sur des preuves.

3. Vérifier les sources : Privilégiez les informations provenant de sources fiables et crédibles aux pratiques transparentes, en particulier dans un contexte d’ingérence étrangère accrue et de campagnes de désinformation ciblant les processus démocratiques.

4. Vérifiez les faits : Soyez proactif et vérifiez l’exactitude d’un article avant de le partager, en particulier sur les plateformes de médias sociaux très vulnérables à la manipulation. Aidez à diffuser les articles vérifiés par vos organisations locales de vérification des faits.

5. Recoupez les informations : Comparez les informations provenant de plusieurs sources fiables afin de contrer les manipulations et les faux récits.

6. Réfléchissez avant de partager : Prenez l’habitude de faire une pause avant de partager un contenu, en particulier sur les médias sociaux. Prenez le temps d’analyser un contenu au-delà du titre, d’examiner les détails et d’évaluer la crédibilité de la source.

7. Examinez attentivement les images ou les vidéos : La désinformation peut également être diffusée à l’aide de contenus multimédias non textuels tels que des images ou des vidéos. Soyez prudent lorsque vous trouvez du contenu visuel accompagnant des articles de presse. Les images et les vidéos manipulées sont des tactiques courantes dans les campagnes de désinformation. Vérifiez l’authenticité et le contexte des éléments multimédias.

8. Restez informé : Informez-vous sur les stratégies utilisées dans les campagnes d’ingérence et de désinformation étrangères.

9. Encouragez l’esprit critique : Encouragez l’esprit critique et l’éducation aux médias dans votre communauté pour renforcer la résistance à la désinformation. Encouragez le scepticisme et la vérification indépendante des informations afin d’atténuer l’impact des récits manipulateurs.

10. Signalez tout contenu suspect : Signalez activement les cas de désinformation et de discours haineux aux autorités ou aux plateformes concernées.

Nous vous suggérons d’utiliser un outil qui est fourni par le projet européen InVID pour aider les journalistes à vérifier les contenus sur les réseaux sociaux. Il a été conçu comme un outil de vérification polyvalent permettant aux journalistes de gagner du temps et d’être plus efficaces dans leurs tâches de vérification des faits et de démenti sur les réseaux sociaux, notamment pour les vidéos et les images. Veuillez noter que les services InVID externes utilisés via cette interface, tels que ceux présentés dans les onglets Analyse et Images clés, ne sont pas libres de droits.

PAR L’équipe de communication du Parlement européen

Comment fonctionne la désinformation?

Episode 6: Silencing critical voices

ENGLISH 3;17 |Lorsqu’une publication sur les réseaux sociaux est inondée de réponses agressives, il se peut qu’il s’agisse d’une campagne de censure. Faire taire les voix critiques est une méthode de manipulation courante. Ceux qui la mettent en œuvre espèrent que leurs cibles auront peur de s’exprimer et que les points de vue qui les dérangent disparaîtront du débat public. Regardez cette vidéo pour comprendre comment cela se produit et comment vous pouvez vous en protéger.

Episode 5: Presenting things out of context

ENGLISH 3:36 | Le contexte est primordial, et les propagateurs de désinformation le savent. Parfois, ils tentent de nous piéger en présentant des faits réels, des photos ou des extraits de discours dans un contexte trompeur, totalement différent de l’original. Dans cette video nous vous expliquons comment cela fonctionne et comment éviter ce piège.

Episode 4: Confirming existing beliefs

ENGLISH 2;56 | Trouver des informations qui semblent confirmer nos croyances peut être rassurant. Cependant, cela peut aussi constituer un angle mort. Les diffuseurs de désinformation peuvent utiliser des contenus en phase avec nos croyances et valeurs pour nous manipuler. Cette vidéo vous aidera à identifier cette technique de manipulation courante et à vous en protéger.

Episode 3: Flooding the information space

ENGLISH 3:19 | Parfois, les personnes à l’origine de la désinformation cherchent avant tout à semer la confusion et le doute. Elles inondent les réseaux sociaux de versions multiples et contradictoires d’un même événement, non pas pour nous convaincre, mais pour promouvoir la méfiance et l’apathie. Apprenez à repérer et à contrer cette menace en visionnant cette vidéo avec les experts du Parlement européen.

Episode 2: Sowing division

ENGLIS 3:31 | Vous est-il déjà arrivé de vouloir vous retirer d’une discussion, tant le ton était agressif et votre opinion noyée sous des affirmations extrêmes ? C’est ce qui se produit généralement lorsque les points de vue les plus extrêmes sont artificiellement amplifiés. En polarisant le débat, les propagateurs de désinformation cherchent à nous faire croire que nos divergences sont bien plus importantes qu’elles ne le sont en réalité, rendant ainsi difficile la recherche de compromis et de solutions.

Episode 1: Playing on emotions

 ENGLISH 3:04 | Vous est-il déjà arrivé de lire une publication sur les réseaux sociaux qui vous a vraiment mis en colère ou attristé ? Ou qui semblait trop belle pour être vraie ? Avez-vous pris le temps de vous demander si c’était vrai ?

Les personnes qui diffusent de la désinformation utilisent les émotions fortes pour nous manipuler et propager leur message. Vous est-il déjà arrivé de lire une publication sur les réseaux sociaux qui vous a vraiment mis en colère ou attristé ? Ou qui semblait trop belle pour être vraie ? Avez-vous pris le temps de vous demander si c’était vrai ? Les personnes qui diffusent de la désinformation utilisent les émotions fortes pour nous manipuler et propager leur message.